Ce numéro aborde la pérennisation des savoirs à l'heure de l'IA, les artefacts comme nouveaux livrables documentaires, la montée des outils de détection de fraude scientifique, la révision du droit d'auteur numérique en Europe, et la réalité des quotas dans les plateformes LLM :
repenser le knowledge management au-delà des logiques de performance et de contrôle, à partir des travaux d'Olivier Hamant et Laurent Bibard,
transformer des idées en applications ou dashboards avec les artefacts de Claude, sans compétences techniques,
l'accord IEEE/Clear Skies comme signal d'une industrialisation de la détection de fraude avant publication,
la révision de la directive DAMUN sous tension, entre rémunération des ayants droit et IA générative,
comprendre pourquoi les plateformes LLM facturent des ressources computationnelles, pas des messages -- et ce que cela change en pratique.
Corinne Dupin mobilise les réflexions d'Olivier Hamant et Laurent Bibard pour interroger les fondements du knowledge management. Plutôt que performance et contrôle, elle explore robustesse, entraide et explicitation des pratiques. Une contribution qui invite à repositionner la mémoire des compétences à hauteur d'humain.
Aurélie Vathonne montre comment les artefacts de Claude -- documents structurés, dashboards, composants React, diagrammes -- court-circuitent le chemin entre le prompt et le livrable utilisable. Sans compétences techniques, les veilleurs et documentalistes accèdent à un outil de production à part entière.
François Libmann documente le changement d'échelle de la fraude scientifique : paper mills, images manipulées, affiliations fictives, textes générés par IA. L'accord entre IEEE et Clear Skies illustre une réponse systémique, avec des outils de détection déployés en amont de la publication.
Philippe Masseron retrace dix ans de tensions entre plateformes et ayants droit, et analyse la réouverture du chantier européen du droit d'auteur numérique. L'IA générative a profondément rebattu les cartes, et les parties prenantes se sont mobilisées avant même le début des négociations.
Anne-Marie Libmann explique pourquoi les plateformes LLM facturent des ressources computationnelles et non des messages : tokens, contexte long, agents autonomes ont chacun un coût réel. Un éclairage pratique sur ce que les interfaces ne mettent pas en avant, et comment en tenir compte au quotidien.