Brèves de veille
Publicités autonomes : l’IA est-elle en train de prendre le contrôle du marketing ?
Depuis quelques années, l’intelligence artificielle n’est plus seulement un outil de création d’images ou de textes : elle s’installe progressivement dans l’univers du marketing et de la publicité. Aujourd’hui, des technologies capables de créer, tester, optimiser, voire gérer de façon autonome des campagnes publicitaires entières, commencent à voir le jour. On parle de « publicités autonomes » (autonomous ads), c’est-à-dire de systèmes où l’IA prend en charge l’essentiel du processus publicitaire, du lancement à l’ajustement en temps réel.
Qu’entend-on par « publicités autonomes » ?
Une publicité autonome ne se limite pas à un texte généré par une IA. Il s’agit d’un écosystème automatisé qui combine plusieurs capacités : création de visuels, vidéos et messages publicitaires, segmentation automatique des audiences, choix des canaux de diffusion, ajustement en temps réel des enchères et des budgets, apprentissage continu à partir des performances. Contrairement aux outils traditionnels, l’IA ne se contente plus d’exécuter des ordres : elle prend des décisions à partir de données massives (comportements en ligne, historiques d’achat, réactions aux annonces).
L’IA n’est plus une technologie expérimentale dans le marketing. Selon plusieurs études sectorielles:
L’IA qui pollue : quand les modèles massifs coûtent cher à la planète
L'intelligence artificielle transforme notre quotidien, mais elle a aussi un coût pour la planète. Entre consommation énergétique massive, data centers toujours plus puissants et émissions de CO₂, l'essor de l'IA soulève de nouvelles questions environnementales. Comprendre cet impact devient essentiel, tout comme explorer les solutions pour rendre ces technologies plus durables.
Cependant, l'IA offre aussi des opportunités pour accélérer la transition écologique, comme en optimisant les réseaux énergétiques ou en modélisant le climat.
On admire l'intelligence artificielle pour ses prouesses : elle écrit des textes, traduit des langues, crée des images et même compose de la musique. Mais derrière ces prouesses se cache une réalité moins glamour… l'IA consomme énormément d'énergie et contribue à la pollution de notre planète.
Plus les modèles deviennent puissants, plus ils nécessitent des infrastructures informatiques gigantesques : serveurs spécialisés, centres de données et supercalculateurs capables d'effectuer des milliards d'opérations. Toute cette puissance de calcul repose sur une consommation d'électricité importante, encore largement issue de sources d'énergie non renouvelables.
ChatGPT Health : le nouvel outil d’OpenAI pour analyser les dossiers médicaux
OpenAI présente ChatGPT Health, un nouvel outil d’intelligence artificielle dédié aux dossiers médicaux. À quoi sert-il réellement ? À qui s’adresse-t-il ? Et peut-il remplacer un médecin ? On vous explique tout.
L’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans notre quotidien… et désormais aussi dans le domaine de la santé. OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, travaille sur une nouvelle fonctionnalité baptisée ChatGPT Health. Son objectif ? Aider à mieux analyser et comprendre les dossiers médicaux. Une innovation prometteuse, mais qui soulève aussi de nombreuses questions.
ChatGPT Health, c’est quoi exactement ?
ChatGPT Health est un outil d’intelligence artificielle conçu pour analyser, synthétiser et expliquer des informations médicales complexes. Concrètement, il peut traiter des documents comme des comptes rendus médicaux, des résultats d’analyses, des ordonnances, ou encore des historiques de soins. L’idée n’est pas de poser un diagnostic à la place d’un professionnel de santé, mais de rendre les données médicales plus lisibles et compréhensibles, aussi bien pour les patients que pour les professionnels.
Enfin un guide d’utilisation de la base OpenAlex
OpenAlex, lancé en janvier 2022, est un catalogue bibliographique de la recherche scientifique mondiale dont le nom fait référence à la légendaire Bibliothèque d’Alexandrie.
Son ambition affichée est de constituer une alternative crédible aux bases de données commerciales Scopus (Elsevier) et Web of Science (Clarivate), auxquelles il est reproché leur coût élevé et une couverture thématique sélective. Ces deux acteurs historiques — Scopus depuis 2004, Web of Science depuis des décennies — ont accumulé au fil du temps des rancœurs croissantes au sein de la communauté scientifique.
Deepfakes : le Royaume-Uni adopte une loi choc pour contrer Grok AI
Le Royaume-Uni s’apprête à franchir un cap majeur dans la lutte contre les deepfakes. Face aux inquiétudes croissantes suscitées par l’essor de l’intelligence artificielle générative, et notamment par Grok AI, le chatbot développé sous l’impulsion de Elon Musk, le gouvernement britannique annonce une législation renforcée visant à mieux protéger les victimes.
Une nouvelle loi adoptée au Royaume-Uni
Au Royaume-Uni, la diffusion d’images intimes créées avec l’intelligence artificielle (deepfakes) est déjà illégale. En revanche, la création de ces contenus, ou le simple fait d’en faire la demande, n’était jusqu’ici pas clairement sanctionnée.
La nouvelle loi, issue de la loi sur les données (Data Use and Access Act), adoptée en juin 2025 mais jamais appliquée jusqu’à présent, vise précisément à corriger cette faille. Elle rendra désormais pénalement répréhensible la création, la sollicitation ou l’incitation à produire des images intimes non consensuelles avec l’intelligence artificielle et plus particulièrement Grok AI, même en l’absence de diffusion.
L’IA au service de l’autonomie des personnes en situation de handicap
Grâce à l’IA, les personnes en situation de handicap peuvent parler, se déplacer et accomplir des tâches plus facilement.
Pour de nombreuses personnes en situation de handicap, l’IA est avant tout un outil essentiel pour communiquer, gagner en autonomie et participer pleinement à la vie quotidienne. Au National Star College, dans le Gloucestershire, des étudiants ont récemment rencontré les dirigeants de l’entreprise technologique Smartbox pour échanger sur l’évolution des dispositifs de Communication Alternative et Augmentative (AAC). Ces appareils permettent aux personnes qui ne peuvent pas parler de s’exprimer à l’aide d’un écran et d’une voix artificielle, mais aussi de contrôler des ordinateurs, des applications ou encore des équipements dans leur environnement.
« C’est ma voix »
Aid Holmes fait partie de ceux pour qui l’AAC a changé la vie. Enfant, il rejetait cet outil. Aujourd’hui, il ne peut plus s’en passer. « Maintenant, je prends mon AAC partout où je vais parce que je me sens nu sans elle. Ce serait comme si quelqu'un arrachait votre boîte vocale de votre corps. C'est ma voix. », confie-il dans les colonnes de la BBC.
IA vs littérature : l’intelligence artificielle menace-t-elle vraiment les écrivains ?
L’intelligence artificielle peut désormais écrire des textes en quelques secondes, de quoi inquiéter les écrivains. Faut-il craindre la fin de la littérature humaine ?
Depuis quelques années, l’intelligence artificielle s’invite partout : dans nos téléphones, nos études, notre travail… et désormais dans l’écriture. Capable de produire des textes en quelques secondes, l’IA générative interroge et inquiète le monde littéraire. Peut-elle réellement remplacer les écrivains ? Ou s’agit-il d’une peur amplifiée par une technologie encore mal comprise ? Un récent rapport mené par l’Université de Cambridge, relayé le journal BBC, apporte des éléments de réponse, et surtout, met en lumière les craintes très concrètes des romanciers.
Une peur largement partagée chez les auteurs
Selon ce rapport, les écrivains sont loin d’être sereins face à l’essor de l’IA. Sur les 332 auteurs interrogés par le Dr Clémentine Collett, chercheuse au Minderoo Centre for Technology & Democracy (MCTD) de l’Université de Cambridge, près de la moitié estiment que l’IA pourrait « remplacer entièrement » leur travail.
Qu'est-ce que l'autoplagiat ? Maîtrisez ce concept insolite pour valoriser votre thèse en toute légalité
Lorsqu’on a soutenu une thèse, on peut penser – naïvement, comme on va le voir – que l’on dispose librement de son contenu et que l’on peut donc en faire ce que l’on veut. En particulier, il semble évident que l’on puisse publier des articles scientifiques reprenant des éléments de ce travail. Pourtant, une menace inattendue guette le jeune docteur : celle de l’autoplagiat.
Cette notion peut, de prime abord, paraître quelque peu baroque. Nous pensions en effet que le plagiat consistait à s’approprier le travail d’autrui et que, par définition, il était impossible de se plagier soi-même. Or nous avons découvert que ce n’était pas le cas et même que l’autoplagiat pouvait avoir de graves conséquences.
L’existence de ce concept ne doit toutefois pas dissuader un chercheur de publier des articles scientifiques issus de sa thèse. Rappelons que celle-ci est nécessairement diffusée depuis 2016 – au moins signalée en cas d’embargo – sur theses.fr et, le cas échéant, sur HAL. Publier à partir de sa thèse est donc parfaitement possible, mais cela suppose de respecter un certain nombre de conditions afin d’éviter toute accusation d’autoplagiat.
Plus de 1000 milliards de pages web disponibles sur Internet Archive
Dans un récent billet de blog Chris Freeland, un des directeurs d’ Internet Archive a annoncé que ce site avait dépassé le cap du billion (1000 milliards) de pages stockées et a engagé toutes les bibliothèques du monde à célébrer cet événement qui est le fruit d’un effort collectif pour préserver notre histoire numérique.
Internet Archive a franchi un cap historique : courant octobre dernier, le cap des mille milliards de pages stockées soit l’équivalent de 21,3 millions de DVD a été franchi (mille milliard se dit billion en français et trillion en anglais (!)).
Ce site avait vu le jour en 1996, année qui coïncide avec l’arrivée d’Internet en France, pour pallier le manque d’archives du web alors que la presse était bien archivée depuis fort longtemps.
Ce "billion" de pages est accessible via la Wayback Machine, le service d’Internet Archive qui donne accès au contenu web archivé sous forme de « machine à remonter le temps ».
On trouve également dans cette gigantesque archive d’autres types de documents : des ouvrages (49 millions), des enregistrements audio (13 millions, dont 268 000 concerts) des vidéos (10 millions, dont 3 millions de journaux télévisés), 5 millions d’images et un million de logiciels.
On peut se demander à quoi tient la différence des ordres de grandeur avec le chiffre précédent. En fait, les pages stockées sont des clichés instantanés de pages web alors qu’un ouvrage est compté pour une seule unité quel que soit son nombre de pages.
Pub Intermarché : pourquoi refuser l’IA a permis à la marque de signer l’une des pubs les plus marquantes ?
Alors que l’IA envahit de plus en plus le monde de la publicité, Intermarché a choisi de miser sur l’humain pour sa dernière campagne. Un défi qui a été un véritable carton !
À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose dans de nombreuses créations publicitaires, Intermarché a fait un pari fou : celui de ne pas utiliser l’IA. Une campagne 100 % humaine ! Et le résultat a largement dépassé les attentes. Diffusée à l’approche des fêtes, la publicité mettant en scène un loup “mal aimé” a touché en plein cœur les internautes, au point de devenir virale bien au-delà des frontières françaises.
Dès sa mise en ligne, le film publicitaire a rencontré un engouement impressionnant. Sur les réseaux sociaux, il a dépassé les 31 millions de vues et récolté une avalanche de commentaires positifs. Un succès assumé et revendiqué par la marque. « C'est un carton mondial », s’est exclamé Thierry Cotillard sur Franceinfo, le patron des magasins Intermarché. Avant de préciser : « On a misé sur l’intelligence humaine et on en est hyper fiers. » Un message clair, qui résonne particulièrement dans un contexte où l’IA générative est de plus en plus critiquée, notamment pour son manque d’âme et d’authenticité.
Comment la publicité Intermarché a-t-elle séduit les spectateurs sans IA ?
Si cette publicité fonctionne autant, c’est avant tout grâce à son histoire. Intermarché n’a pas souhaité promouvoir ses produits. Son but ici est de raconter un conte, une fable moderne, qui parle autant aux enfants qu’aux adultes. Un loup qui n’arrive pas à se faire des amis et qui change son alimentation pour être accepté des autres, et trouver sa place à la table de Noël.
Peut-on tomber amoureux d’une IA ?
« Tomber amoureux d’une intelligence artificielle ». Il y a quelques années, cette phrase serait tout droit sortie d’un film de science-fiction ou d’un épisode de Black Mirror. Aujourd’hui, elle fait débat un peu partout : sur les réseaux sociaux, dans les médias, et même chez les psychologues. Avec l’arrivée des agents conversationnels ultra-réalistes, des applications de compagnons virtuels et des IA capables de simuler l’empathie, la question n’est plus si farfelue : peut-on réellement développer des sentiments amoureux pour une IA ?
Un Américain sur 5 a entretenu une relation amoureuse avec une IA
Eh bien, la réponse est oui. Aussi surprenant que cela puisse paraître, une récente étude du Massachusetts Institute of Technology a révélé qu’un Américain sur cinq a déjà entretenu une relation amoureuse ou sentimentale avec un chatbot IA, sur des plateformes comme Replika ou Character AI. Oui, vous avez bien lu. Au départ, il n’y avait aucune intention amoureuse, mais les sentiments ont finalement pris le dessus, malgré eux…
Reconnaissance faciale dans l’espace public: menace ou protection ?
Présentée comme un outil de sécurité, la reconnaissance faciale s’impose progressivement dans l’espace public. Mais entre protection des citoyens et atteinte aux libertés individuelles, le débat reste plus que jamais ouvert.
Que ce soit dans les rues, dans les gares, aux abords des écoles ou lors de grands événements… La vidéosurveillance fait désormais partie de notre quotidien. Mais depuis quelques années, une nouvelle technologie inquiète autant qu’elle intrigue : la reconnaissance faciale. Capable d’identifier une personne à partir de son visage, elle promet plus de sécurité, mais suscite aussi de nombreuses inquiétudes. Alors, faut-il y voir une avancée rassurante ou une menace pour nos libertés ?
La reconnaissance faciale repose sur un principe simple : analyser les traits du visage afin de les comparer à une base de données. En quelques secondes, un individu peut être reconnu. Contrairement aux caméras classiques, cette technologie ne se contente pas de filmer : elle identifie, trie et analyse. C’est précisément ce qui alimente les débats.
Un outil présenté comme une solution de sécurité : mais à quel prix ?
Ses défenseurs, notamment du côté des autorités, y voient un outil de prévention efficace : repérer une personne recherchée, sécuriser un rassemblement ou faciliter les enquêtes. Dans un contexte sécuritaire tendu, l’argument est souvent jugé rassurant.
Mais cette promesse soulève une crainte majeure : celle d’une surveillance généralisée. Être potentiellement identifié en permanence dans l’espace public, parfois sans le savoir, interroge notre droit à l’anonymat. À cela s’ajoute un autre point de vigilance : certains moteurs de recherche faciale sont aujourd’hui accessibles gratuitement sur le web et ouverts à tout public. La question des données personnelles se pose alors avec force : qui les collecte, où sont-elles stockées et pour combien de temps ?
Wikipédia et Grokipedia : la bataille du savoir à l’ère de l’IA
À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit l’accès au savoir, Wikipédia et Grokipedia, le nouveau projet d’Elon Musk, incarnent deux visions opposées : l’une communautaire et ouverte, l’autre centralisée et portée par xAI. Alors que Wikipédia adapte ses données pour dialoguer avec les IA tout en préservant sa transparence, Grokipedia promet une alternative « sans biais ».
Le Wikidata Embedding Project : Wikipédia s’adapte à l’IA
Lancé le 1ᵉʳ octobre 2025 par la Wikimedia Foundation, en partenariat avec Jina.AI et DataStax, le Wikidata Embedding Project vise à rendre les 119 millions d’entrées de Wikidata, alimentées par 24 000 contributeurs actifs, exploitables par les intelligences artificielles.
Grâce à la recherche vectorielle, qui traduit les concepts en relations numériques via des modèles comme Jina Embeddings v3 (multilingue, jusqu’à 8 192 tokens), le système dépasse les recherches par mots-clés. Une requête sur « scientifique », comme l’illustre le site TechCrunch, proposera ainsi des biographies comme celles de Marie Curie ou Albert Einstein, des concepts liés comme la méthode scientifique ou des visuels tels que des schémas de formules.
Ce projet s’appuie sur des APIs vectorielles ouvertes, notamment celles de DataStax (Astra DB), pour intégrer les données de Wikidata dans les assistants IA via la technologie RAG (Retrieval Augmented Generation). Un webinar le 9 octobre 2025 a marqué le lancement, avec un support initial en anglais, français et arabe, et 30 millions d’entrées déjà vectorisées.
Maryana Iskander, PDG de la Wikimedia Foundation : "Face à l’IA, nous devons préserver notre modèle ouvert en l’intégrant intelligemment."
Cette stratégie répond à une urgence : les résumés IA de Google, déployés à grande échelle en 2025, captent 8 % du trafic humain de Wikipédia, menaçant ses dons, qui représentent 80 % de son financement.
Comment accéder à 4 millions de thèses européennes en 2025 (sans perdre des heures)
DART-Europe a fermé. EThOS est hors service. Global ETD Search de NDLTD est indisponible.
Trois piliers de l’accès aux thèses européennes ont disparu… mais la recherche continue.
Le nouveau Guide des thèses européennes 2025, conçu par l’équipe de BASES (votre référence en information spécialisée depuis 1985), devient l’outil incontournable pour accéder à plus de 4 millions de thèses à travers 25 pays.
Un contexte bouleversé
- Février 2025 : fermeture définitive de DART-Europe (1 million de thèses, 29 pays).
- Depuis 2023 : EThOS (Royaume-Uni) hors service après cyberattaque.
- Depuis des mois : Global ETD Search (NDLTD) indisponible.
👉 Résultat : les chercheurs et documentalistes se retrouvent sans passerelle centralisée pour accéder aux thèses européennes.
Préserver l’intégrité de la science : un guide pratique et accessible
Savoir repérer les dérives
L'intégrité scientifique peut être compromise de multiples façons. Parmi les écueils les plus fréquents, on retrouve le plagiat, la manipulation d'images, l'abus d'auto-citations, un recours excessif à des articles rétractés, ou encore l'utilisation de données peu fiables ou incohérentes.
Mais comment identifier ces dérives ? Et surtout, que faire lorsqu’on en repère une dans un article ? Aujourd’hui, des outils existent pour aider chacun – chercheur, lecteur ou professionnel de l'information – à vérifier, signaler ou mieux comprendre les écarts. Cette pratique, appelée relecture post-publication (Post Publication Peer Review), gagne du terrain. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’un article dans BASES N° 433 - mars 2025.
Le COSIG un guide complet détaillé
Pour accompagner ces démarches le Center for Open Science dont la mission est, en particulier, de contribuer à l’intégrité de la science vient de publier une mise à jour de son guide de référence le COSIG (Collection of Open Science Integrity Guides) .
Les peer reviews des articles de NATURE sont maintenant disponibles
Nous avons évoqué dans le numéro 434 de BASES (Mars 2025) le développement, pour les articles de recherche scientifique, du » post publication peer review » c’est à dire la revue par les pairs après publication et non pas avant, comme c’est traditionnellement le cas.
Un des arguments avancés pour justifier cette démarche, qui s’est répandue plutôt rapidement, était le caractère confidentiel et obscur du processus de « peer review ».
Cet argument vient de tomber, au moins en partie, car l’éditeur Springer Nature vient d’annoncer, qu’après une période concluante de tests qui a duré plusieurs années, tous les articles de 16 publications (voir ci-dessous) éditées par Springer Nature comporteront une annexe reprenant en détail le dialogue entre les reviewers et l’auteur, cette démarche étant appelée « transparent peer review ». On y trouve l’intégralité des questions et des réponses.
Ce sont des documents extrêmement intéressants car les reviewers analysent l’article dans le détail, posent des questions précises et font des remarques pertinentes.
ChatEurope : un chatbot aux informations vérifiées
Une dizaine de media européens, pilotés par l’Agence France Presse et cofinancés par la Communauté Européenne viennent de lancer ChatEurope.
Cette plateforme a été créée pour répondre à une très grande variété de questions liées à l’Europe posées en langage naturel dans dix langues, les réponses étant fournies en sept langues.
Le contenu est composé de milliers de documents (articles, dépêches, …) provenant des media partenaires à partir desquels le chatbot construit ses réponses.
S’appuyant uniquement sur des contenus validés les réponses peuvent être considérées comme fiables ce qui est un critère important de nos jours.
Les « zombie papers », ces articles rétractés mais toujours cités
Le blog Retractation Watch existe depuis 2010 et recense plus de 59 000 articles rétractés. Sa notoriété va grandissant d’autant qu’il a récemment été acquis par CrossRef.
La rétractation d’un article peut être due à différentes raisons telles que fabrication de données, manipulation des résultats, plagiat, erreurs méthodologiques, manipulation d’images, manquements éthiques…
On en parle de plus en plus, car on est dans la problématique plus générale de fake news, sujet très « tendance ».
Un problème majeur réside dans le fait que le retrait d'un article n'empêche pas celui-ci de continuer à être cité, ce qui contribue à la diffusion de résultats erronés, fausse les résultats des méta-analyses et peut également avoir un impact négatif sur les politiques publiques ou la pratique clinique.
SLA : la disparition annoncée d’un pilier américain de l’information
La Special Libraries association (SLA), a annoncé avoir entamé sa dissolution dont le processus prendra fin en avril 2026. Cette démarche a pour but d’éviter une faillite pure et simple, en gardant le contrôle des opérations.
C’est une perte très significative pour les professionnels nord-américains de l’information, tant cette association avait un rôle central. C'est aussi un symbole qui va disparaître pour la profession toute entière dans le monde de l'information.
La SLA a été créée aux États-Unis en 1909 et ne compte plus aujourd’hui qu’un peu plus de 1 000 membres dont certains non-américains. Nous avons pu retrouver que le nombre de membres avait même dépassé les 14.000 en 1993-94.
Cette dissolution est due à plusieurs facteurs d’après l’association elle-même :
- la baisse continue du nombre d’adhérents, particulièrement au cours de cette dernière décennie
- plus généralement la baisse du nombre de centres de documentation à partir des années 2000
- la découverte de l’existence de problèmes mal pris en compte sur les retraites d’anciens salariés et un paiement non provisionné à un fournisseur de données
Pour la première fois, un article écrit par une IA franchit avec succès l'étape de l'évaluation par les pairs (« peer review »)
SAKANA AI, une start up japonaise fondée par deux anciens chercheurs de Google, a développé l’outil AI scientist est capable d’écrire des articles de recherche d’une qualité suffisante pour être acceptée par une revue par les pairs (peer review).
Certes, sur les trois articles qui avaient été soumis, un seul a obtenu une évaluation suffisante. Mais cela est considéré comme un grand succès, car, d’après la société, c’est la première fois que cela arrive. Les chercheurs ont l’honnêteté de préciser que le jury auquel avaient été présentés les trois articles parmi 43 savait que certains articles pouvaient avoir été écrits par une IA.
Lire aussi : Une nouvelle forme de Peer Review se développe rapidement
Ces trois articles ont été générés de bout en bout par l'IA, sans aucune intervention humaine. L'IA Scientist-v2 a développé une hypothèse scientifique, conçu des expériences pour la valider, rédigé et perfectionné le code pour les exécuter, analysé les données et les a présentées sous forme de chiffres. Elle a également rédigé l'ensemble du manuscrit scientifique, du titre à la référence finale, en incluant la mise en place des figures et l'intégralité du formatage.
L’outil AI Scientist a été entrainé dans trois sous-domaines du « machine learning ».
Les chercheurs de SAKANA AI ont fusionné différents modèles de fondation plutôt que de partir de zéro et la nouveauté réside dans l’algorithme créé, qui s’inspire de la nature, pour automatiser le processus.
On peut sans trop de risque faire l’hypothèse que ce premier succès risque de générer de profonds changements dans le monde de la publication scientifique.
The AI Scientist Generates its First Peer-Reviewed Scientific Publication
The AI Scientist: Towards Fully Automated Open-Ended Scientific Discovery, LIU et al 2024
Quels sont les champions des articles retractés ?
On parle de plus en plus du problème des articles (scientifiques) rétractés.
Plusieurs raisons peuvent conduire à la rétractation d’un article :
. Mauvaise conduite scientifique telle qu'invention ou falsification de données
. Plagiat ou auto-plagiat
. Erreurs non intentionnelles, par exemple biais expérimentaux ou erreurs statistiques
. Problème d’éthique par exemple concernant le bien-être animal
. Article soumis à plusieurs revues ou morcellement d’une étude en multiples articles
. Utilisation de textes ou d’images protégées
. Article issu d’une « paper mill »(entreprises vendant des articles fictifs ou plagiés)
Comme on le voit, les raisons ne manquent pas.
Si le phénomène est choquant avec 40 000 articles rétractés pendant les dix dernières années, il faut cependant rapporter ce chiffre au 50 millions d’articles publiés durant cette période, ce qui représente moins de 0,1% même si ce chiffre est sûrement sous-évalué.
Comme on peut s’en douter il y a des champions tels que la Chine d’où sont issus près de 60% des articles rétractés. Ce sont les petits hôpitaux ou les universités dans le domaine médical qui se distinguent particulièrement.
En dehors de la Chine, d’autres champions sont la Ghazi University au Pakistan, la Addis Ababa University en Ethiopie l’Institute of Engineering and Technology à Coimbatore en Inde. La King Saud University à RiYadh en Arabie Saoudite est également bien placée.
On trouvera des informations beaucoup plus détaillées dans l’excellent article de Nature « These universities have the most retracted scientific articles » du 20 février 2025 Vol 638 pp 596-599.
L’éditeur Wiley a étudié l’utilisation de l’IA par les chercheurs
Wiley a récemment mené une étude auprès de près de 5 000 chercheurs sur leurs utilisations actuelles de l’IA et la probabilité de leurs futures utilisations.
Le questionnaire a porté sur 43 cas d’utilisations spécifiques de l’IA dans l’ensemble du processus de recherche.
Les principaux résultats sont les suivants :
- Les utilisations actuelles de l’IA sont limitées à quelques tâches, mais les chercheurs attendent une extension rapide de son utilisation tout au long du processus de recherche
- Les chercheurs sont très intéressés par l’IA, et une majorité estime que l’IA surpasse actuellement les humains pour plus de la moitié des 43 cas d’utilisation
- La Chine et l’Allemagne sont en tête en matière d’utilisation de l’IA
- Plus de 60 % des chercheurs considèrent que le manque de directives et de formation est un obstacle à l’augmentation de leur utilisation de l’IA
- Ce sont les domaines de l’informatique et de la médecine dans lesquels les chercheurs souhaitent le plus être des « adopteurs précoces » de l’IA ; c’est l’inverse, dans le domaine des sciences de la vie.
À la suite de cette étude, Wiley élabore des directives à destination des auteurs pour une utilisation efficace et responsable de l’IA.
Le rapport est disponible sur ce site.
Les articles rétractés sont très peu signalés dans les archives ouvertes
Les archives ouvertes ont été créées pour améliorer la visibilité des articles académiques et en faciliter l’accès. Elles s’inscrivent dans les idéaux de la science ouverte promouvant la transparence et l’accessibilité.
Les auteurs d’un article cité par LaLIST, la newsletter quotidienne de l’INIST, ont découvert que la rétractation des articles était fort peu signalée dans les archives ouvertes.
Ils sont partis d’une liste de 24 430 articles publiés entre 2013 et 2023 ayant fait l’objet d’une rétractation ou d’une correction. Ils les ont identifiés en cherchant tous les articles dont il est fait mention dans Retractation Watch ayant un DOI (Digital Object Identifier) mais pas nécessairement en open access.
Sur les 24 430 articles, ils en ont trouvé 7 560 ayant au moins une présence dans une des 369 archives ouvertes qu’explorées grâce à Unpaywall.
Afin de pouvoir effectuer une évaluation manuelle, faute d’outils pour le faire automatiquement, ils ont choisi HAL l’archive ouverte gérée par le CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe) sous la triple tutelle du CNRS, de l’INRIA et de l’INRAE. C’est, en taille, le deuxième après un site de la NASA.
Le résultat est brutal.
En effet, sur les 141 articles identifiés dans HAL, 128, soit 91%, n’ont fait aucune mention d’une rétractation ou d’une correction.
Référence de l’article :
Bordignon, F. (2025), Moving Open Repositories out of the Blind Spot of Initiatives to Correct the Scholarly Record. Learned Publishing, 38: e1655.
L’éditeur universitaire SAGE investit pour s’assurer de l’intégrité de la recherche
SAGE annonce avoir adopté l’outil Dimensions Author Check qui permet une vérification de l’intégrité de la recherche qu’il publie. Cet outil examine les historiques de publications des auteurs et leurs réseaux afin de repérer toute activité inhabituelle comme les rétractations.
Il vérifie aussi s’il existe d’éventuelles collaborations avec des « paper mills (« moulins à papier ») ainsi que l’existence dans les articles de phrases « torturées ».
Ces phrases torturées ont pour objectif de tromper les logiciels anti-plagiat.
Par exemple, en français, une insuffisance rénale devient ainsi une déception du rein (ou rénale), l’intelligence artificielle une conscience contrefaite ou, enfin, un acide nucléique un corrosif nucléique.
Bien entendu, l’équivalent existe en anglais. Comme on le voit, la réaction s’organise face à la fausse science.
Quand la course à la publication menace la qualité scientifique : le cas Hindawi et la rétractation record de 2022
Dans un texte récent « Mesures et démesures de la publication scientifique », le mouvement « Ouvrir la science » attire l’attention sur l’augmentation très rapide , voire exponentielle, du nombre d’articles scientifiques publiés. Elle considère qu’elle n’est plus compatible avec le maintien de la qualité scientifique et la confiance dans les résultats obtenus par le minutieux travail de la relecture par les pairs.
Si les éditeurs « classiques » augmentent leur catalogue dans des proportions « raisonnables », ce billet cite trois éditeurs qui sont Frontiers, MDPI et Hindawi en remarquant la très forte croissance du nombre d’articles qu’ils publient. Cette forte croissance est liée, en particulier, à la publication de numéros spéciaux, notamment en 2022.
Retractation Watch signale, pour sa part, que Hindawi a retracté plus de 8 000 articles rien que pour l'année 2022, ce qui semble constituer un record. Wiley qui avait racheté cet éditeur en 2021 a décidé de ne plus utiliser la marque Hindawi et de ne garder que les quelques revues « irréprochables » de cet éditeur.
On notera que les auteurs des 8 000 articles retractés n’ont à peu près aucune chance de récupérer l’APC (article processing charge) qu’ils ont payé pour la publication de leur article.
14 000 articles retractés sur arXiv depuis 1991: WithdrarXiv les analyse
Un article très intéressant vient de paraître sur le site de preprint arXiv.
Il présente et analyse un ensemble de 14 000 articles publiés dans arXiv et rétractésdepuis l’origine d’arXiv en 1991 jusqu’à septembre 2024.
Ces articles rétractés sont accompagnés des commentaires liés à la rétractation. De plus, les auteurs ont classé les raisons des rétractations en 10 catégories :
- Factual/methodological/other critical errors in manuscript
- Incomplete exposition or more work in progress
- Typos in manuscript
- Self-identified as “not novel”
- Administrative or legal issues
- ArXiv policy violation
- Subsumed by another publication
- Plagiarism
- Personal reasons
- Reason not specified
Autre remarque intéressante : les rétractations sont relativement fréquentes dans le domaine médical, par contre, elles sont rares, voire absentes dans le domaine informatique.
Le zapping de François Libmann du 6/12/24 : Un nouveau guide sur les « repositories de confiance » et une base de données des deals immobiliers
Un nouveau guide sur les « repositories de confiance »
Ce nouveau guide propose une liste de « repositories de confiance dans différents domaines de recherche avec une évaluation de leur conformité avec les règles du Programme cadre Horizon Europe qui couvre, rappelons-le, la période 2021 à 2027.
Naviguer parmi les exigences concernant la science ouverte de l’ "Horizon Europe Model Grant Agreement" (MAGA) peut être difficile pour les chercheurs.
Le guide leur donne des recommandations pour sélectionner le(s) « repository/ies où déposer leurs résultats de recherche, en précisant que cela n’est pas un « liste blanche » ni une validation.
Cette démarche s’inscrit dans la promotion de la science ouverte et doit favoriser la collaboration entre chercheurs en Europe et plus largement.
La nouvelle édition du guide recense 241 « repositories » dont 186 ont été jugés dignes de confiance. La liste sous forme de tableau Excel avec de nombreux critères est accessible ici.
Parmi les mieux cotés, on signalera notre HAL national et l'Européen Zenodo.
Une base de données des deals immobiliers
CFNEWS IMMO publie en continu des informations très détaillées sur les deals immobiliers, essentiellement en France. Ces informations forment la matière première d’une base de deals qui regroupe plus de 6 500 opérations. La description de ces opérations est extrêmement détaillée, constituant autant de critères utilisables pour rechercher dans la base de deals.
Les deals immobiliers dont il est question ici sont exclusivement des deals professionnels. Une offre d’essai de huit jours est proposée pour se familiariser avec le site et le tester.
Le zapping de François Libmann du 5/11/24 : Open AI se confronte à Google, Judilibre continue son développement, et le Collège de France lance une application mobile
Open AI se confronte à Google
Open AI vient d’annoncer le lancement de son outil de recherche en ligne baptisé ChatGPT Search.
Nul doute que, si l’outil est vraiment fiable, - et il n’y a pas de raison qu’il ne le soit pas – cela ne sera pas sans conséquence sur l’énorme part de marché que Google détient dans la recherche sur le Web.
Judilibre va continuer à se développer
La Cour de Cassation au sein de laquelle est développée Judilibre, annonce que les décisions des tribunaux de commerce seront chargées avant la fin de cette année.
Rappelons que Judilibre a vocation à proposer en open access l’ensemble des décisions de justice rendues en France.
Le Collège de France sur votre smartphone
La prestigieuse institution vient de lancer l’application « Library Mobile » pour smartphone qui donne accès à une série d’informations et de services tels que l’accès à Omnia, le catalogue des douze bibliothèques et du service des archives. Il permet aussi, en particulier, de suivre les cours du Collège de France sur ses chaînes YouTube et de lire les derniers billets du blog Colligere.
PLOS propose un nouveau type d’article
PLOS est un éditeur de publications en open access essentiellement dans le domaine biomédical.
Les articles qu’il publie sont classés en différents types tels que « research article », « short report », « consensus view » ou « perspective », une ventilation dont le niveau de détail est peu fréquent.
Cet éditeur vient d’innover avec la création d’un nouveau type d’article baptisé « essay » proposé dans ses publications PLOS Climate, PLOS Global Public Health, PLOS Mental Health et PLOS Water.
Ces « essays » sont des articles de prise de position, en particulier sur des sujets politiques d’intérêt régional ou sectoriel.
Ces articles de 3 à 4 000 mots sont supposés pouvoir être lus par des non-spécialistes.
À titre d’exemple, un des essais récemment chargés traite des lacunes politiques dans le traitement des maladies pulmonaires post-tuberculose.
Ludenso : de l’image 2D à la réalité augmentée en 3D
La société norvégienne Ludenso créée à Oslo a toujours travaillé sur la réalité augmentée. Son projet : révolutionner l’éducation avec cette technologie.
Les chercheurs de la société ont un jour, en faisant une démonstration dans une classe, eu la révélation du potentiel de la réalité augmentée dans l’éducation.
En effet, après avoir transformé les images en 2D des manuels scolaires avec de la réalité augmentée, ils ont pu mesurer que 82 % des étudiants estimaient que cela améliorait/facilitait leur apprentissage.
Ces transformations d’images sont particulièrement bien adaptées pour des images d’organes (le muscle cardiaque ou des structures moléculaires par exemple) ; il est en effet possible de zoomer, de changer l’angle de vision permettant de beaucoup mieux s’approprier la description de l’objet.
Au-delà des manuels scolaires, des accords ont été passés avec des éditeurs tels que Cambridge University Press, Sage et plus récemment Karger Publisher, un éditeur suisse de revues et livres scientifiques et médicaux.
À cette occasion, dans la présentation de cette nouvelle collaboration on apprend que l’auteur se voit facturer 299 $ l’option de passer en réalité augmentée jusqu’à trois figures.
Cette innovation est tout à fait intéressante, même si on ne peut pas dire qu’elle ait atteint aujourd’hui une grande notoriété.